Protéger les forêts pour sauver des emplois et de la faune

  • Published on Feb 28 2011 |
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Lettre ouverte au Premier Ministre Alward et au Ministre Northrup des scientifiques et écologistes du Nouveau-Brunswick.

Votre administration s’apprête à prendre d’importantes décisions concernant les superficies des terres de la Couronne qui seront vouées à la conservation de la faune, de la biodiversité en général et de l’eau potable au Nouveau-Brunswick.

Les sondages ont confirmé à plusieurs reprises que ces enjeux sont importants pour la population du Nouveau-Brunswick. Néanmoins, le gouvernement antérieur avait décidé de diminuer la superficie de forêt consacrée à la conservation, de 30 % jusqu’à 23-25 %. Presque la moitié des aires d’hivernage des chevreuils ont été allouées à la coupe, même si plusieurs autres espèces profitent de la conservation de ces habitats. Certes, la superficie des aires protégées va augmenter selon ce scénario, mais seulement de 6% à 8 % et en plus, les nouvelles aires protégées proposées sont composées de peuplements qui étaient déjà partiellement protégés.

L’adoption de cette politique entraînerait une réduction nette de la superficie protégée au profit de la forêt vouée aux pratiques sylvicoles intensives. Ainsi, les plantations vont augmenter de 12 % à 30 % sur les terres publiques durant les 40 prochaines années. Tout ceci constitue un changement majeur dans la gestion des terres publiques.

Au cours des 20 dernières années, les plans de gestion forestière au Nouveau-Brunswick ont maintenu des superficies minimales à titre d’habitats pour la faune; celles-ci représentaient les dernières parcelles de vieille forêt dont les attributs spécifiques sont requis par certains animaux pour survivre et élever leurs jeunes. Ces superficies sont de notoriété publique et sont publiées dans les documents gouvernementaux.

Par exemple, s’il demeure suffisamment de peuplements intacts de 375 hectares avec des arbres d’une certaine taille et de certaines essences, la faune qui a besoin des vieux peuplements d’épinettes pourra peut-être persister suite aux coupes à blanc, à la conversion de certains peuplements et à la plantation.

Nous nous inquiétons du fait que la politique forestière proposée et les objectifs d’approvisionnement en bois garantis, sont incompatibles avec l’atteinte des cibles de conservation, même minimales.

Si cette politique entre en vigueur, elle remettra en question la prétention que le Nouveau-Brunswick pratique une gestion durable de ses ressources, une exigence pour toute certification verte de nos produits.

L’imputabilité est souvent déclarée comme la pierre angulaire d’une bonne gouvernance. C’est parce que des décisions se prennent maintenant que nous demandons une démonstration publique et transparente que des cibles adéquates pour la conservation des habitats fauniques seront adoptées et que celles-ci seront suffisantes pour rencontrer les besoins de la faune, des Néobrunswickois et d’une industrie forestière viable à long terme.

  • Graham Forbes, Ph.D. Faculté de foresterie et de la gestion environnementale, UNB
  • Marc-André Villard, Ph.D. Département de biologie, Université de Moncton
  • Anthony Diamond, Ph.D. Faculté de foresterie et de la gestion environnementale, UNB
  • Roberta Clowater, directrice générale, Société pour la nature et les parcs du Canada, NB
  • Vince Zelazny, forestier agréé
  • David Coon, directeur général, Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick
  • Roger Roy, forestier agréé, Ph. D. Faculté de foresterie, Univ. de Moncton à Edmundston